10 oct. 2009

Couleur Café

Et bien ça y est nous voilà au pays du café (ou plutôt un des pays du café). Pour commencer soyons clairs, en 3 mots: VENEZ EN COLOMBIE !

un des milliards de dodge du pays


TODO VA BIEN
Certes on sent bien que le pays n'est pas à l'abri du crime (quel pays le serait à 100%?), que la situation n'est pas normalisée du fait de l'omniprésence de militaires armés jusqu'aux dents dans les villes et sur les routes. Les bus sont fouillés 1, 2 voir 3 fois par trajet. Le bus s'arrête, on fouille les hommes, les deux mains sur le bus et les sacs des dames et on repart... Par contre une fois qu'on s'y habitue, c'est juste...encore un coin du globe à découvrir. Selon ce qu'on a pu en voir (peu c'est vrai pour le moment), vraiment très peu de danger pour le voyageur. On parle souvent avec les gens dans la rue, au café, dans le bus, tous d'une grande disponiblilité. L'accueil ultra chaleureux nous rappelle vraiment l'Argentine et c'est tout simplement un plaisir. Ils aiment parler de leur pays, de politique, de sport (bon ça, on ne peut pas dire que cela soit ultra original). En papotant, on se rend compte qu'évidement les colombiens ont souffert de l'image de m..... donnée de leur pays par la drogue, la guerilla etc... Il faut que ça change, ils veulent que ça change, c'est sûr. L'extrême présence militaire semble être une des causes de l'énorme changement du niveau de sécurité depuis 2002 et de la vie de tous les jours. De nouveau il est possible de prendre le bus pour se déplacer hors des villes de jour comme de nuit, il est possible de parler politique et même en mal (peut-être encore à voix basse dans certains endroits on a cru comprendre), on peut sortir de chez soit après 18h sans se faire brûler sa voiture ou pire...bref, les choses ont beaucoup beaucoup évolué. On ne peut que témoigner ici de l'enthousiasme des gens pour que plus de monde vienne les voir! Et puis c'est surtout un pays magnifique... Pour le moment aucun soucis de sécurité, on adore et on en redemande, c'est à peu près tout.

Toujours les Andes...


Nous sommes donc arrivés dans ce beau et grand pays (punèse on n'y reste qu' un mois, c'est beaucoup mais c'est rien) sous la pluie en passant sans soucis une frontière assez glauque. Une fois le tampon très moche posé sur le passeport (tout ne peut pas être parfait), vamos ! Rencontre bien sympa avec Andy, un australien avec qui nous partageons un taxi, le reste de la journée et la soirée à Pasto, première grosse ville (450 000 habitants) à 2 heures 30 au nord de la frontière. Rien de particulier à voir mais on trouve juste une ville agréable et un hotel tres sympa avec la meilleure pancake du voyage (koala Hotel) enfouie sous 2kg de fruits coupés, avec un soupçon de miel. D'ailleurs depuis l'arrivée en Colombie, de nouveau beaucoup de rencontres avec des européens, plusieurs australiens et c'est un autre aspect du voyage qui nous plait aussi. Papoter ne serait-ce qu'une soirée avec un inconnu autour d'une bière ou autre permet de s'échanger des infos sur le voyage, de taper la discute et sur le dos de nos présidents respectifs...tout ça nous plait beaucoup et on le sait, va certainement nous manquer plus tard.


UNE VIREE DANS LA CORDILIERE ORIENTALE

Une nuit à Pasto et on file vers le nord direction Popayan et San Augustin. De nouveau, notre rythme s'accélère. On n'a "qu'un mois" en Colombie qui fait deux fois la France donc on doit de toutes façons faire des choix. Le plan, c'est de rejoindre la côte Caraibes en bus en allant le plus haut possible via quelques escales puis tout redescendre en avion de l'extrême nord-est (depuis Riohacha) jusqu'au sud (Pasto justemment). On s'est rajouté 2 mois de voyage et on a pu repousser la date mais non le lieu du vol-retour donc on s'envolera depuis Guayaquil au sud de l'Equateur. Depuis la frontière Equateur-Colombie, on prévoit de relier Guayaquil en bus + un peu de train. Tout ça c'est pour plus tard, mais ouh...ça va surement arriver bien vite Caramba! (si si, ça se dit, ambiance Mexique ici par moments, dans la musique aussi d'ailleurs).

Popayan et San Augustin tout simplement car les deux endroits nous ont attiré l'oeil en lisant le guide d'Andy. Avant la Colombie on n'avait jusque là presque pas de guide sur nous (sauf un peu en Argentine et au Pérou) car on s'était pas mal renseigné avant le voyage et que discuter avec les locaux ou d'autres voyageurs nous suffisait. Ici évidemment on n'avait pas prévu de venir, rien lu, donc on plane un peu mais ce n'est pas plus mal car on est agréablement surpris à chaque fois.

Dans les rues de la très chouette ville coloniale de Popayan, dont les murs blancs, les boiseries et les balcons en fer forgés nous ont rappelé Arequipa, sud du pérou. Ahhhh...Arequipa !

San Agustin: un village colonial à 1700m d'altitude dans la cordillière orientale des Andes colombiennes, à 6 h de bus (le terme tape-cul serait plus adapté) de Popayan. Quand t'arrives cassé en deux chez Mario et Yanet (leur Hotel Maya est en haut de la petite rue qui monte, la plus vieille du village) et que tu sens l'odeur du café qu'ils viennent de griller dans la cuisine, qu'ils t'en servent une grande tasse et que tu vois la grande salle pleine de hamacs en haut et que ta chambre donne sur le village et sur les plantations de café et autres fruits sur les vertes collines autour...ben tu te dis que ça ne part pas trop mal.



La plus vieille rue de San Agustin

Mario et Yanet ont énormément voyagé (un enfant né au Mexique, un aux Etats-Unis, un autre au Chili) puis vivent maintenant dans leur pays ou est née leur dernière fille. Mario c'est un peu un cow-boy, un peu rustre, bien grande bouche, mais tout simplement un hôte qu'on ne peut pas oublier, ni les conversations politiques enflammées, très bon. En fait chez nous, ce serait un corse (personne n'est corse ici de toutes façons?).


San Agustin, c'est aussi un des sites archéologiques les plus intéressants de Colombie, raison de notre venue, patrimoine de l'humanité, dont les vestiges les plus vieux remontent quand même à 3000 avant Djiseusse Chryste.


Visite de plusieurs sites à cheval avec une guide vraiment intéressante, allez, le lendemain je (Elisa) ne pouvais quasiment plus marcher en raison du mal au dos mais on s'est régalé quand même.

On ne pensait pas un jour faire du galop aussi rapide et sans tomber au milieu de plantations de café sur des chemins boueux avec des pentes comme ça, mais bon, on s'étonne chaque jour, c'est important.


CALI: GROSSES CHALEURS ET SPECIALITES CULINAIRES

Retour à Popayan où on passe une bonne nuit réparatrice puis direction le nord pour nous rendre à Cali, chez les parents d'Anamaria.

La Merced, Cali

Après un almuerzo de boudin aux herbes, bananes cuites et yucas (sorte de patates) servis sur sa feuille de bananier dans la chaleur torride du marché (mais tant pis c'est trop bien de manger dans les marchés) on passe le dimanche après-midi, accueuillis comme des rois entre les canapés du salon et la table de la salle à manger autour d'un....café petits-pains-chauds-que-tu-sais-que-tu-manges-trop-mais-que-c'est-toujours-bon-de-goûter.


Outre la rencontre vraiment chouette et l'accueil royal de la famille d'Anamaria, de ses tantes, de son oncle, des cousines, Cali a été une véritable étape découverte culinaire. Jus de mûre, jus de lulo, jus de guanabana, galettes de mais fourrées au fromage, sancocho de poisson (sorte de soupe), beignets de bananes fourrés au fromage, poisson délicieux avec son riz-coco de tuerie...du bon, du très bon quoi...Entonces muchisimas gracias Amanda y Luis.

LE CAFE VU D'ICI


Bon, c'est la fin du voyage, on se lâche et on crâne un peu avec les photos !


Il est bon ton café gringo !

On ne pouvait décemment pas venir en Colombie sans passer dans le coeur de la zone productrice de café, donc sur les conseils de plusieurs voyageurs on choisit de s'arrêter à Salento, petit village "touristique mais magnifique" (un autre!), perché à 2000m dans la cordilière centrale (les Andes se divisent en 3 cordillières en Colombie).


Dans les rues de Salento, zone du café en Colombie

L'ambiance, comme à San Agustin, c'est poncho, bottes, machettes, chapeaux en cuir, avec des billards et des parties de cartes dignent des meilleurs westerns dans des bars en bois peint, de la salsa ou du vallenato (musique qui sonne mexicain pour nous, oreilles impures, mais qui vient de la côte nord caraibe). Il y a aussi les champs de bananes, de café, les chevaux partout et pas mal de jeep, des palmiers jusqu'à 60m de haut, des vieilles maisons fleuries aux murs blanchis à la chaux et aux volets colorés.Petite ballade matinale dans la vallée de Cocora avec ses palmiers d'une hauteur hallucinante. On se fait inviter sur le chemin par un groupe de campeurs bien fatigués de la soirée de la veille pour un bon café chaud et une aguapanela (eau chaude avec du sucre de canne, pur délice): que bueno no mas!

Les ceras (Palmiers): arbre national de la Colombie, peut atteindre
60 m de haut

Rencontre sympathique pendant la rando: un tatou (dasypodidé).

Le lendemain, direction l'hacienda Guayabal à un peu plus d'une heure de moultes bus plus au nord pour aller se faire expliquer la fabrication du café. Une des visites les plus intéressantes qu'on ait fait jusqu'à maintenant. Balade dans la plantation avec des explications passionantes sur tout le processus depuis le semis des graines dans le sable, la sélection des petits plans, la taille de l'arbre (un arbre ici donne 5kg de graines de café par an qui au final sont tranformés en seulement 600 gr. de poudre pour la tasse du consommateur, ça donne une idée du nombre gigantesque de plans de café qu'il faut pour satisfaire la demande: perso, nous ça nous fait 2 semaines environ, 600gr). On apprend aussi comment se fait la récolte (ici tout à la main) et les nombreuses étapes de préparation, de sélection jusqu'au conditionnement pour la vente en grain...pour l'étranger bien súr. Et oui, encore une fois, dans la série "les joies de la mondialisation" dans les pays pauvres, on a vu ce qui part à l'étranger c'est à dire des grains très très haut de gamme (on ne détaille pas ici toutes les étapes de sélection mais on peut vous assurer que le café qu'on achète provenant de Colombie, c'est du bon...). Tout est envoyé vers les lieux de consommation en gros sacs de café en grains (en grain et non moulu, pour garder l'aròme), puis torréfié chez nous (torréfié=tosté: le café est noir parce que les grains sont tostés à plus de 100 degrés, si tu toastes pas, c'est pas du café). D'ailleurs vu la tête de la guide quand on lui a dit qu'on achetait le café moulu (hérésie, malheur pendant 6 ou 7 générations à peu près). On va s'y mettre, se trouver un moulin et moudre son café à plus de saveur que d'acheter du tout moulu, petit scarabée (et même s'il faut se lever 5 minutes plus tôt).

Après la récolte des graims murs, ceux-ci sont versés dans ce grand entonnoir et tombent dans une machine qui enlève la coquille extérieure puis la pulpe


Séchage des grains à 60º

La qualité de ce qui part à l'exportation est sans aucun rapport avec ce qui est destiné à la conso locale, c'est à dire un mélange des graines mauvaises, celles bouffées par les oiseaux et par les parasites -insectes et autres- (avec les parasites), les graines ayant mal poussé et enfin sans séparer les deux enveloppes extérieures, coquille et peau, allez zou on mélange le tout et ça ira bien. On se demande comment on a pu trouver le café bon ici, et pourtant, si, rien à voir avec le nescafé qui nous saoûle depuis des mois. Caroline, la guide nous explique que le relatif bon goût vient du fait que à la base, il s'agit d'un super café, donc même les résidus sont bons...mouais si tu le dis... Le café en question c'est de l'arabica. Les semences ont été modifiées suite à des ravages vers 1990 dus à un champignon responsable d'une hécatombe nacionale. Les nouveaux plans sont plus petits que le vrai arabica mais résistent au champi. Une autre facette terrible est évidemment les salaires médiocres des travailleurs, en bout de chaines. Le prix du café dépend du cours du dollar et avec lui donc le salaire de ceux qui récoltent et les revenus des propriétaires des plantations, premiers maillons de la chaine. Ceux qui s'en mettent plein, c'est les entreprises étrangères qui achètent les grains de café et les torréfient à l'étranger pour vendre ensuite le tout à prix d'or. Désespérant comme d'habitude. Choisir de ne plus consommer de café est évidement une mauvaise solution puisque ça entrainerait une catastrophe sociale ici, par contre privilégier les circuits équitables, assez développés en Equateur par exemple (on ne parle pas de Max Havelaar équitable mes fesses), semble intéressant, avec la difficulté induite de trouver chez nous des circuits fiables. On verra si on est si fort pour appliquer ce qu'on pense aujourd'hui. Enfin, à Toulouse, on y arrivait bien. Un dernier détail intéressant: ici tout est récolté à la main, c'est à dire que seuls les grains murs sont récoltés, contrairement aux récoltes industrielles (au brésil nous a-t-elle dit) ou aucune sélection n'est faite: mème les grains verts pas murs sont utilisés, réduisant un peu la qualité finale, forcément. Bref, bon courage pour choisir le prochain paquet!

On est arrivés hier matin par le bus de nuit à Bogota, qu'on découvre doucement. Autre ambiance et autre accent. Pour l'instant, on est impressionés par la beauté du vieux quartier, la Candelaria. Hier soir craquage...deuxièmes sushis du voyage. Là, on devrait retrouver Joe un ami irlandais rencontré à Salento pour boire un coup ensemble.

Suerte chicos et pour demain....ALLEZ LE STADE!!

10 commentaires:

  1. Whouah, ça fait envie....tiens, eh bien c'est l'heure du café ici...je vais m'en faire un petit, même si il est déjà moulu et vient de je-ne-sais-où, ce sera toujours un peu de caféine pour bien commencer ma première journée de la semaine...(pff, je rêve d'un vrai bon dimanche qui soit un dimanche et non plus un samedi...) !
    Bisous à vous!! Profitez bien de la Colombie et à très bientôt!!

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  2. Merci pour le café !!!!
    et pour tout le reste...
    bonne virée colombienne...
    bise et à très vite

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  3. Merci à Luis et Amanda pour leur hospitalité!
    Votre diaporama est magnifique!la Colombie a l'air séduisante...
    J'ai beaucoup aimé les façades colorées de Salento et les plantations de café qui me rappellent celles que j'ai connu au Cameroun...
    Prenez bien soin l'un de l'autre!
    Je vous embrasse tendrement

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  4. on est subjugué par la beauté de la Colombie.Vous avez su nous faire partager ces architectures et maisons colorées très espagnoles et en même temps personnalisées à la colombienne.J'aurais bien aimé quand les parents de Anamaria sont venus en france,les voir et recevoir .Ce n'est que partie remise et nous les REMERCIONS BEAUCOUP.Papa JeanLou a dit que les galops de cheval c'était vraiment pas nécessaire et même à ne plus faire(je ne fais que répéter)autrement les photos sont superbes et restituent bien votre voyage.En effet le café est mieux juste moulu mais zut c'est trop long;par contre on trouve pas trop difficilement du café à la fois bio et EQUITABLE et pas max havelard,dans des magasins.Cherchez vous trouverez.Si Catherine se serait cru au sénégal ,nous on avait l'impression d'être à Cuba(cheval habitations couleurs et paysage caféiers...pas trop de fatigue pour vos dernières semaines svp les jeunes et on vous embrasse très très affectueusement Maman et Papa

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  5. Pas le Sénégal, Danièle...le Cameroun!!!

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  6. je veux repartir!!!! snif snif.
    On pense bien à vous du fond de notre vieille pharmacie et autres salles de classe décrépites.
    Profitez profitez et profitez.
    Des bisous
    Baptisetelsa los gringos en mal de viaje

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  7. Bravo l'OL pour sa victoire à Anfield !!!!
    Et salut aux grenoblois. Ok, on profite pour 4.
    Elise, Isa, à bientôt maintenant...

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  8. Bravo l'OL faut le dire vite, car le match contre sochaux c'était pas ça, on a bravé le vent, la pluie et le froid... pour s'ennuyer! Ms bon effectivement ils ont bien réagis

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  9. encore 12 jours PROFITEZ PROFITEZ quand on pense que vous avez parcouru l'amérique du sud du sud au nord en entier on est époustouflé de vos performances de la qualité du voyage Veinards de Carthagénois comment est cette ville mythique?Prenez plein de photos.des baisers affectueux des 2 parents Richard
    ou êtes vous là maintenant??

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  10. ouha vraiment classe se voyage...des souvenirs à jamais gravés dans vos mémoires, à faire partager biensur, hein!? vous viendrez en bretagne faire du cheval, boire un "bon" café sous les palmiers de 60m (ah non ya pas ca ici...) pour nous raconter. profitez bien bises (redonnaises) à bientôt Gui & Ali

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